Mouvement des Focolari - Montet (Broye)

Franca Allegri

Je suis née en 1937 et lorsque j’étais enfant, je désirais réaliser quelque chose de grand dans ma vie. À 17 ans, j’ai lu l’histoire d’une fille qui avait donné sa vie à Dieu et était morte de tuberculose à l’âge de 20 ans. Cette histoire m’a paru quelque chose de grand et suite à cela moi aussi j’ai voulu donner ma vie à Dieu. Mais le temps passait et à 20 ans je me suis demandé comment concrétiser cette donation. Je ne me sentais pas attirée par le couvent, je voulais vivre au milieu des gens, mais je n’arrivais pas à concilier le fait d’être toute donnée à Dieu. Quelqu’un m’a parlé du Mouvement des Focolari et un écrit de Chiara Lubich m’a fortement interpellée: «Voici l’attrait de notre époque: s’élever jusqu’à la plus haute contemplation en restant au milieu du monde, homme parmi les hommes. Mieux: se perdre dans la foule pour qu’elle s’imprègne de Dieu, comme s’imbibe le pain trempé dans le vin. Mieux encore: associés aux projets de Dieu sur l’humanité, tracer dans la foule des chemins de lumière, et partager avec chacun la honte, la faim, les coups, les joies brèves».

C’était la vie que je désirais et je me suis mise à la recherche de ces personnes. Je me rappelle que dans l’ascenseur mon cœur battait très fort, une jeune fille a ouvert la porte et en moi j’ai senti: «Je voudrais être comme elle»! C’était le 27 novembre 1957. Elle m’a raconté ce qui est devenu pour moi ma «divine aventure». J’ai alors découvert l’Evangile que je ne connaissais pas, un évangile à traduire en vie.

Les points forts de la spiritualité de communion: l’unité que Jésus a demandée à son Père: «Que tous soient un comme toi et moi» (Jn 17,21) et le cri de Jésus sur la croix: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as- tu abandonné?» (Mt 27,46) sont devenus mon idéal.

J’avais finalement trouvé comment donner ma vie à Dieu. J’ai essayé de vivre ainsi et avec cet Époux dans le cœur je suis allée dans «ma partie du monde». J’ai vécu dans différentes villes d’Italie et j’ai eu la grâce d’être pendant 25 ans proche de Chiara Lubich. Ensuite, 12 ans à Bruxelles et depuis 6 ans à Montet dans la Broye. Je n’ai jamais eu de doute sur le choix que j’ai fait, parce que Lui m’a donné de nombreuses confirmations.

Encore aux premiers temps, lors d’une rencontre où Chiara Lubich nous parlait de Jésus, il m’a semblé que Lui me disait: «C’est moi qui t’ai choisie et t’ai appelée sur ce chemin de l’unité à la suite de Chiara». Bien des années après Dieu était comme absent de ma vie et tout me semblait mort à l’intérieur comme à l’extérieur. Et pourtant je cherchais à L’aimer, à aimer mes frères, mais tout me paraissait vide et une grande tentation de tout laisser tomber m’envahissait. Je ne voyais pas, je ne comprenais pas, parce que j’étais repliée sur moi-même et sur ma souffrance.

Un jour, avec beaucoup de difficulté, j’ai fait l’effort de sortir de moi-même pour accueillir un frère et voici une lumière; j’ai compris que je devais aller au-delà de la plaie comme Jésus qui du «pourquoi» de l’abandon, s’est abandonné à Dieu:

«Entre tes mains, Père, je remets mon esprit» (Lc 23,46).

Je l’ai fait et la Lumière est revenue plus belle et lumineuse qu’avant, splendide. De cette expérience j’ai compris que je pourrais toujours recommencer et que Dieu, lui, est fidèle.

Écrire cette expérience, c’est l’occasion pour moi de revoir devant Dieu ces 57 années de vie avec Lui. Et je dois dire que, même si je suis bien consciente d’être «le serviteur quelconque», les fruits n’ont pas manqué. J’ai vu cette Œuvre grandir dans l’Église et se répandre dans le monde et puis, combien de souffrances Jésus a pu apaiser, combien de réconciliations, combien de jeunes a-t-il pu appeler à le suivre grâce à moi aussi!

Je me suis posé la question: est-ce que je suis restée fidèle comme Il le souhaitait? En fait je ne le sais pas et je ne cherche même pas de réponse parce que je sais que Dieu m’a aimée et m’a appelée à sa vigne, et donc je m’en remets à son infinie miséricorde.

Aujourd’hui: je suis encore en vie, j’ai encore un cœur pour aimer Dieu et les frères et donc je ne peux pas et je ne veux pas m’arrêter… jusqu’au moment où Il voudra.

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