Institut Séculier Caritas Christi - Monthey

Gertrude Kurmann

Vivre sous le regard du Père qui voit dans le secret

Je fais partie de l’Institut Séculier Caritas Christi.

Née en 1937, j’ai grandi à Lausanne où j’ai fait mes études, et j’ai eu le bonheur de pouvoir faire l’école normale. Là, je me suis retrouvée seule catholique sur deux volées de trente élèves durant quatre ans. Mais cela ne m’a pas posé problème, au contraire, j’ai découvert que nous pouvions prier ensemble, d’où un immense désir d’œcuménisme!

Jeune enseignante, j’aimais la vie, les enfants, les contacts, la musique. Et je cherchais une communauté ou fraternité œcuménique. J’avais même écrit à l’Abbaye de Chevetogne pour demander si l’équivalent existait pour les femmes! C’était à l’époque du Concile, c’est-à-dire quelques années trop tôt pour ce genre de communautés…

Je me suis alors tournée vers la vie monastique, à cette intention. Mais c’était difficile pour moi. Je suis repartie, avec toujours ce désir d’œcuménisme, désir qui s’est élargi au fil des années au monde entier.

Je suis donc arrivée à Caritas Christi sur le tard.

Alors que j’étais en formation, ma responsable m’a proposé de suivre une retraite pour membre en formation. Cette retraite avait lieu à Soissons près de Paris, et avait pour thème: «Vivre sous le regard du Père qui voit dans le secret.» Soissons? Je trouvais que c’était bien loin pour une retraite. Je n’en avais pas vraiment envie… et par ailleurs, le thème ne m’attirait franchement pas. Ce que je ne savais pas, c’est que le prédicateur était un grand connaisseur des écrits de Juliette Molland qui a fondé, avec le Père Perrin O.P., l’Institut Séculier Caritas Christi, et que la retraite allait nous emmener vers les traits essentiels de cette spiritualité.

Lors de la première conférence, le Père a débuté par cette phrase de notre fondatrice: «Avec Lui, sans cesse offerte au Père, pour la louange de sa gloire.»

Être une louange pour la gloire du Seigneur…

J’étais bouleversée!

Cette retraite à laquelle j’étais venue à contrecœur me comblait dès la première conférence, et j’allais approfondir les points forts de Caritas Christi:

– aimer Dieu et le faire aimer

– en plein monde, vivre sous le regard du Père qui voit dans le secret

– prier la vie

– vivre pleinement notre consécration baptismale dans le célibat choisi par amour pour Lu i

– tendre à ce que toute notre vie devienne prière et déborde en apostolat

– donnée en Église et pour l’Église

Nous sommes des femmes catholiques, laïques; nous ne vivons pas en communauté, mais chacune reste dans son milieu, sa famille, sa vie professionnelle, côtoyant la foule, le monde du travail, l’enchevêtrement des devoirs, sachant aussi qu’il y aura des solitudes à traverser, à se prendre en charge dans la maladie, le grand âge. Nous nous retrouvons plusieurs fois par année pour des partages de bulletins, une retraite annuelle, une ou plusieurs sessions. Rencontres qui sont des moments de ressourcements, d’échanges fraternels.

Je me sens à l’aise dans cette spiritualité de vie laïque, en plein monde, donnée au Seigneur.

C’est une quête exigeante, toujours à la recherche de l’intimité avec le Père, le Fils et l’Esprit saint. C’est un mystère, cela se passe au plus profond du cœur.

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