Institut séculier Caritas Christi - Genève

Josette Aeberhard

Dans ma jeunesse, j’aimais prier certains versets des psaumes:

«La tendresse de Dieu et Sa fidélité m’accompagnent chaque jour de ma vie.»

«Dieu ma vie, je Te chante. Oui, c’est Toi ma citadelle, c’est Toi le Dieu de mon amour.»

En réponse à un appel personnel de Dieu que j’avais perçu, je voulais

– me donner à Lui et engager ma vie à la suite du Christ, dans et pour l’Église et

– témoigner de l’Évangile, en restant insérée dans mon milieu habituel de vie, c’est-à-dire avoir une activité professionnelle, maintenir des liens avec ma famille, mes amis, avec ceux que je côtoyais tous les jours…

Je vivais dans ma famille, et j’ai eu une adolescence heureuse, active dans ma paroisse et des mouvements de jeunesse. Après mes études, j’ai travaillé dans la fonction publique dans le domaine social et financier.

Cependant, la trentaine arrivée, j’ai réalisé que vivre dans le célibat, même s’il est choisi par amour pour Dieu, était une vocation difficile sans appui spirituel et amical. J’ai été orientée vers les instituts séculiers, forme récente de vie consacrée, reconnue par l’Église en 1947.

Mon choix s’est porté sur l’institut séculier Caritas Christi. Pourquoi?

Le premier article de ses constitutions dit: «… Caritas Christi est un institut séculier d’approbation pontificale qui veut former et donner à l’Église, dans tous les milieux, des laïques contemplatives et apostoliques. Toute notre raison de vivre est donc de demeurer dans l’Amour de Dieu pour l’aimer et le faire aimer, là où il nous a placées.»

Cela correspondait à ce que je voulais continuer à vivre.

L’institut séculier Caritas Christi est présent dans le monde entier, regroupant des femmes laïques de toutes professions, sans distinction de milieu, de provenance, de culture. Il est ouvert à toutes les spiritualités. Les fondateurs sont une laïque, Juliette Molland (1902-1979) et un dominicain, le Père Jean-Marie Perrin (1905-2002).

Les structures de l’institut sont légères, car Caritas Christi n’a ni œuvres propres, ni maison commune. Chaque membre garde ses propres engagements et gère l’aspect matériel de sa vie. Ma formation s’est faite sur place, je n’ai jamais été déracinée de mon milieu et j’ai poursuivi mon activité professionnelle et ma présence auprès de ma famille et de mon lieu de vie.

Admise dans Caritas Christi en 1963 j’ai prononcé des engagements définitifs sept ans après.

Petit à petit j’ai découvert les traits essentiels de la vocation en Caritas Christi:

– se donner totalement à Dieu en Église et pour l’Église, dans le célibat

– approfondir la grâce de la consécration baptismale

– participer à l’Eucharistie, centre et sommet de notre vie

– découvrir les conseils de l’Évangile et leurs exigences

– vivre discrètement une parmi les autres, sans signes distinctifs

– en esprit de solidarité et de service auprès de tous, en particulier ceux qui sont petits, méprisés, mal-aimés

Caritas Christi m’a fait le don d’une famille. Entre les membres, il se développe une vraie communion fraternelle, dans l’unité d’un même appel et de la même donation. La diversité de nos origines, de nos milieux, de nos situations, de nos personnalités, n’est pas un obstacle mais, au contraire, un grand enrichissement.

Durant toutes ces années et jusqu’à ce jour, mon appartenance à Caritas Christi m’a beaucoup apporté sur le plan spirituel et humain.

Je pense aux retraites annuelles, aux récollections, où nous nous retrouvons et qui sont à la fois partage de vie, formation et soutien, et aussi aux rencontres mensuelles en petit groupes.

Au mois de mai 2014, nous avons fêté, dans la joie et la reconnaissance, les soixante ans de l’implantation de Caritas Christi en Suisse.

Depuis quelques années, en Suisse et dans plusieurs pays d’Europe, il n’y a pas ou très peu de relève! Cependant, je pense qu’il faut rester ouvertes, accueillantes, ne pas nous laisser gagner par la nostalgie du passé, nous défendre résolument contre la résignation et poursuivre notre chemin, tout en gardant un œil vigilant et un regard neuf!

Le Pape François nous y invite dans son discours du 10 mai 2014 aux instituts séculiers italiens réunis à Rome: «Vous êtes comme des antennes prêtes à saisir les germes d’innovation suscitées par l’Esprit saint, et vous pouvez aider la communauté ecclésiale à avoir ce regard neuf et à trouver des chemins nouveaux et audacieux pour rejoindre tous les hommes.»

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